Dénominations "steak" et "saucisse" pour les produits végétaux : pourquoi le vote du 7 octobre au Parlement européen est un faux débat

Le 7 octobre 2025, le Parlement européen se prononcera, dans le cadre de la révision du règlement OCM (Organisation Commune des Marchés agricoles), sur une proposition visant à réserver des termes comme "steak", "saucisse", "burger" ou "escalope" aux seuls produits issus de viande animale. InterVeg, aux côtés de onze autres associations professionnelles européennes, alerte sur les conséquences de cette mesure et appelle les eurodéputés à la rejeter.

Une mesure qui ne répond à aucun problème consommateur

Les enquêtes disponibles ne mettent pas en évidence de confusion significative chez les consommateurs européens. Selon une étude du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC, 2020), seul un consommateur européen sur cinq estime que des appellations comme "burger végétal" ou "saucisse végétale" ne devraient jamais être autorisées. À l'inverse, près de sept consommateurs sur dix les jugent acceptables, dès lors que le caractère végétal du produit est mentionné clairement sur l'emballage.

Les termes culinaires usuels ("steak", "saucisse", "escalope") décrivent une forme et un usage culinaire ("ce qui se cuisine et se mange comme") plutôt qu'une origine. C'est précisément cette familiarité qui aide les consommateurs à identifier comment intégrer un produit végétal dans leurs repas du quotidien.

Une mesure aux effets économiques disproportionnés

Contraindre les fabricants à reformuler leurs gammes impliquerait : changement des emballages, refonte des plans média, mise à jour des fiches techniques chez les distributeurs, ré-éducation des consommateurs sur les nouvelles appellations. Ces coûts pèseraient particulièrement sur les PME et les ETI françaises, qui portent une part importante de l'innovation du secteur. Le marché des alternatives végétales, qui a progressé de +38% en volume entre 2022 et 2024 (Circana, scope HM-SM-ECOM, FY22-24), est encore en phase de structuration et n'a pas la même résilience que les filières installées.

Une mesure qui contredit les politiques publiques de transition

La diversification des sources de protéines fait partie des leviers identifiés par les principales feuilles de route environnementales et nutritionnelles : Stratégie Nationale Bas Carbone, Plan National Nutrition Santé, projet de Stratégie Nationale Alimentation Nutrition Climat (SNANC), recommandations du HCSP. Restreindre les dénominations des alternatives végétales au moment où l'on demande aux consommateurs d'élargir leurs habitudes alimentaires envoie un signal contradictoire.

La position d’InterVeg

InterVeg défend une logique de complémentarité entre filières, sans opposition. Le développement des alternatives végétales se construit avec l'agriculture française, pas contre elle. La question des dénominations ne doit pas devenir un combat symbolique qui détourne l'attention des vrais enjeux : souveraineté en protéines végétales, accompagnement des éleveurs en transition, structuration de l'offre en restauration collective.

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